Ny Ying Ga 尼龍英夾

Ny Ying Ga, le système des 5 animaux

Appellé aussi le Wu-xing-quan ou Wu-hsing-chuan : « poing des cinq éléments ». Ce système est une compilation réalisée dans la moitié du XVI ème siècle par trois hommes : Kwok Yuen (1522-1566 ?), expert au sabre ayant déjà élaboré son système à partir des dix-huit exercices de base laissés par Bodhidharma en soixante-douze mouvements. Son vieux Maître Li Chan, grand expert, célèbre sur toute la rive droite du Chang Jiang et un inconnu du nom de Pak Yook-Fong qu’il rencontra par hasard à l’occasion d’une rixe dans laquelle Yuen était opposé à plusieurs brigands armés et à qui cet inconnu porta secours avec une étonnante facilité et efficacité.

Grâce à ces trois hommes aboutira une véritable méthode, très complète, en cent soixante-dix techniques, le tout répartis en cinq styles différents : ceux du Tigre, du Léopard, du Serpent, du Dragon et de la Grue. Cette méthode restera la base de la boxe de Shaolin, on l’appellera aussi le « poing des cinq formes ».

Cette classification répondait en fait à trois motivations profondes :

– 1) le retour à la nature, en reproduisant les mouvements des animaux l’homme retrouve, en quelque sorte, un naturel perdu par la régence de son intelligence et de la civilisation. En redevenant naturel, il devient beaucoup plus efficace et il communie avec les forces cosmiques (Tao).

– 2) Chaque animal a sa propre efficacité, ainsi le Léopard à la détente, le Dragon la vivacité, etc… Le but étant de s’inspirer de toutes ces capacités.

– 3) Chaque forme doit développer l’une des cinq essences fondamentales de l’homme. Ainsi :

– Le style du Tigre doit entraîner la fortification des os et développer la résistance. Les mouvements sont courts, secs et très durs.

– Le style du Léopard doit développer la force externe, la puissance musculaire, la vitesse. Les mouvements sont très puissants, utilisant au maximum l’effet de détente. On frappe souvent de la main à plat, doigts repliés aux secondes phalanges, comme lorsque le félin frappe de sa patte.

– Le style du Serpent recherche le développement de la force interne, de cette énergie vitale contenue en nous tous : le Chi. Les mouvements sont lents et coulants, avec concentration de la force dans l’abdomen (Tan Tien). Dans de nombreuses techniques, l’avant-bras est plié sur le coude, prêt à se détendre comme un cobra, les doigts écartés comme une langue-de-serpent.

– Le style du Dragon doit nourrir le spirituel. Il représente la vivacité et la concentration. Les mouvements sont longs, fluides et continus.

– Le style de la Grue met l’accent sur le renforcement nerveux et l’amélioration des réflexes, ainsi que, d’une manière générale, du caractère de l’individu. De nombreux mouvements imitent l’échassier battant des ailes ; debout sur une seule jambe, on pivote pour faire face de plusieurs côtés, exécutant des coups simultanés dans des directions différentes. L’ensemble de ce style reste particulièrement gracieux.

Nous pouvons dire que Kwok Yuen, Li Chan et Pak Yook-Fong ont effectué un travail de synthèse remarquable où ils ont repris les éléments très épars du passé, combinant d’ailleurs des formes prises au « système externe » et au « système interne ».